Qu’est-ce que la kinésithérapie respiratoire chez l’adulte ?
La kinésithérapie respiratoire adulte regroupe l’ensemble des techniques manuelles et instrumentales visant à améliorer la ventilation, à favoriser l’élimination des sécrétions bronchiques et à entretenir la fonction des muscles respiratoires. Elle s’adresse principalement aux patients atteints de pathologies respiratoires chroniques, de suites d’infections respiratoires sévères, ou de maladies neuromusculaires entraînant un déficit ventilatoire.
Masseur-kinésithérapeute diplômé d’État (RPPS 10101730967), j’interviens à domicile dans Paris intra-muros, sur prescription médicale, principalement chez l’adulte présentant un déficit ventilatoire chronique ou aigu — y compris dans le cadre des maladies neuromusculaires (volet respiratoire de la prise en charge SMA, DM1, SLA).
Quelles indications respiratoires sont prises en charge ?
- BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive) — désencombrement, réentraînement à l’effort, éducation thérapeutique (CIM-10 : J44).
- Bronchectasies / dilatation des bronches — drainage bronchique régulier, hygiène respiratoire (CIM-10 : J47).
- Suites de Covid long — réadaptation à l’effort, gestion de la dyspnée et de la fatigue (CIM-10 : U09.9).
- Maladies neuromusculaires — désencombrement assisté, entretien de la mobilité thoracique, surveillance du syndrome restrictif (SMA, DM1, SLA).
- Suites de chirurgie thoracique ou abdominale — prévention des atélectasies, reprise ventilatoire post-opératoire.
- Asthme sévère — éducation thérapeutique, gestion de la crise, réentraînement à l’effort en complément du traitement médical (CIM-10 : J45).
Quelles techniques sont utilisées en kinésithérapie respiratoire ?
Les techniques sont sélectionnées selon le profil ventilatoire du patient (obstructif, restrictif, mixte) et l’objectif clinique :
- Augmentation du flux expiratoire (AFE) — technique manuelle de désencombrement, lente ou rapide selon la cible bronchique.
- ELTGOL (expiration lente totale glotte ouverte en latérocubitus) — drainage bronchique des voies distales, validé chez le BPCO et la mucoviscidose.
- Drainage autogène — méthode active de mobilisation des sécrétions par modulation des volumes et débits respiratoires.
- Techniques instrumentales — pression expiratoire positive (Flutter, Acapella), insufflation-exsufflation mécanique pour les patients neuromusculaires.
- Réentraînement à l’effort — endurance progressive, renforcement périphérique, gestion de la dyspnée selon l’échelle Borg.
- Renforcement des muscles respiratoires — IMT (Inspiratory Muscle Training) avec dispositifs à seuil de pression, indiqué dans la BPCO sévère et certaines pathologies neuromusculaires.
Mesures cliniques utilisées
- Saturation pulsée en oxygène (SpO₂) — au repos et à l’effort, surveillance de désaturation.
- Échelle de dyspnée de Borg modifiée (CR-10) — quantification subjective de l’effort respiratoire.
- Échelle mMRC — gradation fonctionnelle de la dyspnée dans la BPCO.
- Test de marche de 6 minutes (TM6) — capacité d’endurance, valeur pronostique reconnue.
- Peak flow — débit expiratoire de pointe, marqueur d’obstruction.
- Pression inspiratoire maximale (PImax) — force des muscles inspiratoires, suivi en pathologie neuromusculaire.
Approfondir par axe
Désencombrement bronchique
AFE, ELTGOL, drainage autogène, dispositifs à pression expiratoire positive.
Suites de Covid long
Réadaptation à l’effort progressive, gestion de la fatigue post-virale, retour à l’activité.
Respiratoire neuromusculaire
Insufflation-exsufflation mécanique, surveillance restrictive, accompagnement SMA · DM1 · SLA.
Questions fréquentes — kinésithérapie respiratoire
Faites-vous de la kinésithérapie respiratoire pédiatrique ?
Non. Mon exercice libéral est centré sur la patientèle adulte. Pour un enfant, notamment pour la prise en charge des bronchiolites, je vous invite à vous orienter vers un kinésithérapeute spécialisé en pédiatrie respiratoire (réseau Bronchiolite Île-de-France, par exemple).
Le « clapping » est-il encore utilisé ?
Non, plus en routine chez l’adulte. Les recommandations européennes successives, dont les guidelines ATS/ERS 2024 de réhabilitation respiratoire et les positions de la Société de Kinésithérapie de Réanimation (SKR), ont abandonné les techniques percutoires (clapping, vibrations manuelles) au profit de techniques actives basées sur la modulation des flux expiratoires (AFE, ELTGOL, drainage autogène) et des dispositifs à pression expiratoire positive (PEP, oscillation à haute fréquence), démontrées plus efficaces et mieux tolérées.
Quel est le rôle de la kiné respiratoire dans le Covid long ?
La HAS recommande, en complément de la prise en charge médicale, une réadaptation à l’effort progressive et personnalisée, encadrée pour éviter le malaise post-effort (post-exertional malaise). Le rôle du kinésithérapeute est de doser l’effort, surveiller la SpO₂ et la fréquence cardiaque, et accompagner le retour graduel aux activités.
Travaillez-vous avec des patients sous ventilation non invasive ?
Oui, pour les patients atteints de maladies neuromusculaires (DM1, SLA, certaines myopathies) déjà appareillés, en lien avec le pneumologue référent. Les techniques utilisées incluent l’insufflation-exsufflation mécanique (Cough Assist) et le drainage bronchique adapté au déficit musculaire.
Combien de séances de kiné respiratoire sont nécessaires ?
Cela dépend totalement de la pathologie. Une décompensation aiguë de BPCO peut nécessiter quelques séances rapprochées le temps de la phase aiguë, alors que les pathologies neuromusculaires ou les bronchectasies bénéficient d’un suivi régulier au long cours. La fréquence est définie par la prescription médicale et ajustée au bilan.
Sources scientifiques
- Société de Kinésithérapie de Réanimation (SKR). Recommandations sur le désencombrement bronchique chez l’adulte non encombré et chez le BPCO en exacerbation, 2017–2023.
- Spruit MA et al. ATS/ERS Statement on Pulmonary Rehabilitation: 2024 Update. Am J Respir Crit Care Med, 2024.
- GOLD Report 2025. Global strategy for the diagnosis, management and prevention of chronic obstructive pulmonary disease.
- Haute Autorité de Santé. Symptômes prolongés à la suite d’une Covid-19 de l’adulte. Recommandations, mise à jour 2024.
- Chatwin M et al. Airway clearance techniques in neuromuscular disorders: a state-of-the-art review. Respir Care, 2018 (mise à jour 2023).
- Sheel AW et al. Respiratory muscle training in health and disease. Respir Physiol Neurobiol, 2023.