Combien de séances de kiné ? Seuils de remboursement, accès direct et reste à charge

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Auteur

William Legendre, masseur-kinésithérapeute diplômé d’État (RPPS 10101730967), spécificité ordinale « Rééducation en neurologie ». Master 2 Neurosciences du mouvement (UPEC), Master 2 SMSDS — Statistique, Modélisation et Science des Données en Santé (Sorbonne Université). Chef de projet kinésithérapeute à l’Institut de Myologie (Pitié-Salpêtrière, programme GenoTher).

En bref · TL;DR

  • Il n’existe pas de « nombre de séances recommandé » par la HAS : la rééducation est individualisée. Ce qui existe, c’est un seuil de séances prises en charge sans demande d’accord préalable (DAP), propre à chaque situation.
  • Au-delà de ce seuil, le kinésithérapeute peut poursuivre, mais l’Assurance Maladie doit donner son accord (demande d’accord préalable). Exemples : 16 séances avant DAP pour une lombalgie commune ou une prothèse de hanche, 26 pour une prothèse de genou, 41 après reconstruction du ligament croisé antérieur.
  • La kinésithérapie est remboursée à 60 % de la base de remboursement (régime général) et 100 % en ALD (affection longue durée). Une prescription médicale est requise pour le remboursement (sauf accès direct, voir plus bas).
  • À domicile, le tarif ajoute une indemnité de déplacement (et, le cas échéant, des indemnités kilométriques). Une franchise médicale de 1 € par acte reste à charge ; le ticket modérateur est pris en charge par la complémentaire.
  • L’accès direct à la kinésithérapie (loi du 19 mai 2023) existe, mais seulement à titre d’expérimentation dans un nombre limité de départements : il ne couvre pas Paris. À Paris, une ordonnance reste nécessaire.

« Combien de séances de kiné vais-je devoir faire ? » est l’une des premières questions que se posent les patients — souvent dans l’idée qu’il existerait un « nombre normal » fixé quelque part. La réalité est différente, et il est plus honnête de le dire : la rééducation est individualisée, et la durée dépend de la pathologie, de l’état de départ et de la réponse au traitement. Ce que l’Assurance Maladie encadre, ce n’est pas un nombre « recommandé », mais un seuil de séances prises en charge sans demande d’accord préalable. Cet article explique ce que recouvrent ces seuils, comment la kinésithérapie est remboursée, ce qui reste à votre charge à domicile, et où en est l’accès direct sans ordonnance — sur la base des informations publiées par l’Assurance Maladie (Ameli) et des référentiels de la Haute Autorité de Santé (HAS).

La HAS fixe-t-elle un nombre de séances de kiné ?

Non. La HAS ne fixe pas de « nombre de séances recommandé » : la rééducation est individualisée. Ce qui existe, ce sont des référentiels d’actes en série définissant, pour certaines situations, un seuil de séances prises en charge sans demande d’accord préalable. Au-delà, le traitement peut continuer, mais l’Assurance Maladie doit donner son accord.

Il faut donc distinguer deux notions souvent confondues. D’un côté, le nombre de séances réellement nécessaires : il dépend de votre situation clinique et il est ajusté par le kinésithérapeute au fil de la rééducation, en lien avec le médecin prescripteur. De l’autre, un seuil administratif : en dessous de ce seuil, les séances sont prises en charge sans formalité particulière ; au-delà, une demande d’accord préalable (DAP) doit être adressée au service médical de l’Assurance Maladie pour que la prise en charge se poursuive. Ce seuil n’est donc ni un objectif à atteindre, ni un plafond de soins : c’est un repère de gestion.

Qu’est-ce que la demande d’accord préalable (DAP) ? C’est la procédure par laquelle, au-delà d’un certain nombre de séances, le kinésithérapeute sollicite l’accord du service médical de l’Assurance Maladie pour que la rééducation continue d’être remboursée. Elle vise à objectiver la poursuite des soins, pas à les interdire : la rééducation reste possible et adaptée à chaque patient.

Quels sont les seuils d’accord préalable par pathologie ?

Le seuil varie selon la pathologie et l’intervention. Le tableau ci-dessous indique, pour des situations fréquentes, le nombre de séances prises en charge sans accord préalable ; au-delà, une DAP est nécessaire. Ces seuils sont issus des référentiels de la HAS (actes en série) et de la liste publiée par l’Assurance Maladie. Ils décrivent une règle de prise en charge — ils ne préjugent pas du nombre de séances dont vous aurez besoin.

Pathologie / interventionPrise en charge sans accord préalableSource
Entorse externe récente de chevilleJusqu’à 10 séances (DAP dès la 11ᵉ)Ameli / HAS
Traumatisme récent du rachis cervical (« coup du lapin »)Jusqu’à 10 séances (DAP dès la 11ᵉ)Ameli / HAS
Prothèse totale de hanche (PTH)Jusqu’à 15 séances (DAP dès la 16ᵉ)Ameli / HAS
Lombalgie communeJusqu’à 15 séances (DAP dès la 16ᵉ)Ameli / HAS
Méniscectomie isoléeJusqu’à 15 séances (DAP dès la 16ᵉ)Ameli / HAS
Prothèse de genou (totale ou unicompartimentale)Jusqu’à 25 séances (DAP dès la 26ᵉ)Ameli / HAS
Tendinopathie de la coiffe des rotateurs non opéréeJusqu’à 25 séances (DAP dès la 26ᵉ)Ameli / HAS
Reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA)Jusqu’à 40 séances (DAP dès la 41ᵉ)Ameli / HAS
Suture de la coiffe des rotateursJusqu’à 50 séances (DAP dès la 51ᵉ)Ameli / HAS
Libération du canal carpienAccord préalable dès la 1ʳᵉ séanceAmeli / HAS
Rééducation après un AVCPas de seuil (rééducation individualisée)Ameli
Rééducation périnéale post-partumPas de seuil de DAP (prise en charge à 100 %)Ameli

Pour le détail d’un parcours concret après une intervention, voir notre article dédié : combien de séances de kiné après une prothèse de hanche. Il illustre bien le principe : le seuil administratif (ici 16 séances avant accord préalable) n’est pas le nombre « cible », qui dépend de la voie opératoire, de l’âge et de la récupération de chacun.

Vous êtes concerné par cette situation ? Nous pouvons en discuter directement : 06 13 36 35 92 (message vocal ou SMS) ou william.legendre@phoeniks.fr. Visites à domicile dans Paris intra-muros, sur prescription médicale.

Comment la kinésithérapie est-elle remboursée ?

L’Assurance Maladie rembourse les séances de kinésithérapie à hauteur de 60 % de la base de remboursement (régime général), et à 100 % pour les personnes en affection longue durée (ALD) au titre de cette affection. Le complément — le « ticket modérateur », soit 40 % hors ALD — est généralement pris en charge par votre complémentaire santé (mutuelle), selon votre contrat.

Deux points pratiques à connaître :

  • Une prescription médicale est requise pour le remboursement des séances (sauf dans le cadre de l’accès direct, voir plus bas).
  • Une franchise médicale de 1 € par acte reste à votre charge : elle n’est pas remboursable par la mutuelle. Elle est plafonnée (au global) et s’applique même en ALD.

Cas particulier : la rééducation périnéale et abdominale après l’accouchement est prise en charge à 100 %, dans la limite des tarifs de base. Le nombre de séances est fixé selon la situation : renseignez-vous auprès de votre médecin, de votre sage-femme ou de votre caisse d’Assurance Maladie.

« Les actes de masso-kinésithérapie sont remboursés à 60 % sur la base du tarif conventionnel. La prise en charge est de 100 % pour les assurés en affection de longue durée, dans le cadre de leur ALD. »

Assurance Maladie (ameli.fr) — Remboursement des soins de masso-kinésithérapie

Combien coûte une séance à domicile ?

Le tarif d’une séance à domicile combine l’acte de rééducation et un forfait de déplacement. Plutôt qu’un « prix » unique — qui dépend de l’acte coté, de la distance et de votre situation — il est plus juste de raisonner par éléments. Une séance à domicile se décompose ainsi :

Élément du tarif (à domicile)Valeur conventionnelle
Acte de rééducation (lettre-clé AMK)AMK = 2,21 € (× coefficient de l’acte)
Indemnité forfaitaire de déplacement (IFD)2,50 €
ou indemnité forfaitaire de déplacement spécifique (IFS), selon l’acte (non cumulable avec l’IFD)4,00 €
Indemnités kilométriques (IK plaine), au-delà de l’abattement de distance0,38 € / km

Sur ce total, l’Assurance Maladie rembourse 60 % (100 % en ALD), votre mutuelle prend en charge le ticket modérateur selon votre contrat, et la franchise de 1 € par acte reste à votre charge. Le reste à charge réel dépend donc de l’acte réalisé, de la distance parcourue et de votre couverture complémentaire : pour une estimation personnalisée, le plus fiable est de demander un devis et de vérifier votre niveau de remboursement auprès de votre mutuelle. Pour une vue d’ensemble : le coût d’une kiné à domicile à Paris.

Ai-je besoin d’une ordonnance ? L’accès direct, où en est-on ?

À Paris, oui : une prescription médicale reste nécessaire pour une prise en charge en kinésithérapie. L’accès direct — consulter un kinésithérapeute sans passer d’abord par un médecin — a bien été ouvert par la loi du 19 mai 2023 (loi Rist), mais uniquement à titre d’expérimentation. Il ne s’applique donc pas partout.

Précisé par un décret de juin 2024 et débuté le 8 juin 2025, ce dispositif est encadré :

  • Il est limité à un nombre restreint de départements participants (l’expérimentation est prévue pour cinq ans).
  • Il concerne les kinésithérapeutes exerçant au sein d’une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) de ces départements.
  • Sans diagnostic médical préalable, le nombre de séances réalisables en accès direct est limité à 8 par patient ; au-delà, ou en présence de signes d’alerte, le patient est orienté vers un médecin.
  • Paris ne fait pas partie des départements de l’expérimentation.

Autrement dit : même là où l’accès direct existe, il reste cadré (kiné en CPTS, 8 séances maximum, orientation vers le médecin si besoin). Et à Paris, le parcours habituel s’applique : consultez d’abord un médecin, qui établira une prescription si la kinésithérapie est indiquée. Pour le détail du cadre : la kinésithérapie en accès direct sans ordonnance.

Questions fréquentes

Qui décide du nombre de séances de kiné ?

Le nombre de séances réellement nécessaires n’est pas fixé d’avance : il est individualisé. Le kinésithérapeute l’ajuste au fil de la rééducation, en lien avec le médecin prescripteur, selon votre situation clinique et votre récupération. Le seuil d’accord préalable est une règle de gestion de l’Assurance Maladie, pas le nombre de séances dont vous aurez besoin.

Le seuil d’accord préalable est-il un maximum de séances ?

Non. Ce seuil n’est ni un objectif à atteindre, ni un plafond de soins : c’est un repère administratif. En dessous, les séances sont prises en charge sans formalité particulière ; au-delà, une demande d’accord préalable (DAP) permet à la rééducation de se poursuivre. La rééducation reste possible et adaptée à chaque patient.

Que se passe-t-il si l’on dépasse ce seuil ?

Le traitement peut continuer. Au-delà du seuil, le kinésithérapeute adresse une demande d’accord préalable au service médical de l’Assurance Maladie pour que la prise en charge se poursuive. Cette procédure vise à objectiver la poursuite des soins, pas à les interdire.

Faut-il une ordonnance pour une kiné à domicile à Paris ?

Oui. À Paris, une prescription médicale reste nécessaire pour une prise en charge en kinésithérapie, à domicile comme au cabinet. L’accès direct (consulter un kinésithérapeute sans passer d’abord par un médecin) existe à titre d’expérimentation, mais Paris ne fait pas partie des départements concernés. Le parcours habituel s’applique : consultez d’abord un médecin, qui établira une prescription si la kinésithérapie est indiquée.

La rééducation périnéale après l’accouchement nécessite-t-elle un accord préalable ?

Non. La rééducation périnéale et abdominale après l’accouchement n’est pas soumise à un seuil d’accord préalable : elle bénéficie d’une prise en charge intégrale dans la limite des tarifs de base. Le nombre de séances est fixé selon votre situation ; renseignez-vous auprès de votre médecin, de votre sage-femme ou de votre caisse d’Assurance Maladie.

La kiné à domicile est-elle remboursée comme au cabinet ?

La part prise en charge par l’Assurance Maladie suit les mêmes règles (prise en charge sur prescription, intégrale en affection longue durée au titre de cette affection). À domicile, le tarif ajoute toutefois une indemnité de déplacement, et le cas échéant des indemnités kilométriques. Le complément est généralement couvert par votre complémentaire santé selon votre contrat ; pour une estimation, vérifiez votre niveau de remboursement auprès de votre mutuelle.

Pour aller plus loin

Information éducative fondée sur les informations publiées par l’Assurance Maladie (Ameli) et les référentiels de la Haute Autorité de Santé. Les tarifs, seuils et modalités de prise en charge peuvent évoluer : vérifiez votre situation auprès de votre caisse d’Assurance Maladie et de votre complémentaire. Ce contenu ne se substitue pas à un diagnostic ni à une consultation médicale.

Sources

  • Assurance Maladie (ameli.fr). Accord préalable : actes de masso-kinésithérapie (nombre de séances prises en charge sans accord préalable). Mis à jour le 29 décembre 2020. www.ameli.fr (consulté le 15 juin 2026).
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Avis sur les référentiels relatifs à des actes de masso-kinésithérapie réalisés en série. www.has-sante.fr (consulté le 15 juin 2026).
  • Assurance Maladie (ameli.fr). Tarifs conventionnels des masseurs-kinésithérapeutes (lettre-clé AMK = 2,21 €). Mis à jour le 1ᵉʳ juillet 2025. www.ameli.fr (consulté le 15 juin 2026).
  • Assurance Maladie (ameli.fr). Prise en charge à domicile : indemnités et forfaits (IFD = 2,50 €, IFS = 4 €, indemnités kilométriques). www.ameli.fr (consulté le 15 juin 2026).
  • Assurance Maladie (ameli.fr). Affections de longue durée (ALD) exonérantes : prise en charge à 100 %. www.ameli.fr (consulté le 15 juin 2026).
  • Assurance Maladie (ameli.fr). La franchise médicale (1 € par acte paramédical, plafonnée à 50 € par an et 4 € par jour). www.ameli.fr (consulté le 15 juin 2026).
  • Loi n° 2023-379 du 19 mai 2023 (loi Rist) ; décret n° 2024-618 du 27 juin 2024 relatif à l’expérimentation de l’exercice de la masso-kinésithérapie sans prescription médicale au sein d’une CPTS ; arrêté du 6 juin 2025 fixant les 20 départements participants (publié au Journal officiel le 8 juin 2025 ; Paris n’y figure pas). Légifrance — arrêté du 6 juin 2025 (consulté le 15 juin 2026).

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