En bref · TL;DR
- Il n’existe pas de « nombre de séances recommandé » par la HAS : la rééducation est individualisée. Ce qui existe, c’est un seuil de séances prises en charge sans demande d’accord préalable (DAP), propre à chaque situation.
- Au-delà de ce seuil, le kinésithérapeute peut poursuivre, mais l’Assurance Maladie doit donner son accord (demande d’accord préalable). Exemples : 15 séances avant DAP pour une lombalgie commune ou une prothèse de hanche, 25 pour une prothèse de genou, 40 après reconstruction du ligament croisé antérieur.
- La kinésithérapie est remboursée à 60 % de la base de remboursement (régime général) et 100 % en ALD (affection longue durée). Une prescription médicale est requise pour le remboursement (sauf accès direct, voir plus bas).
- À domicile, le tarif ajoute une indemnité de déplacement (et, le cas échéant, des indemnités kilométriques). Une franchise médicale de 1 € par acte reste à charge ; le ticket modérateur est pris en charge par la complémentaire.
- L’accès direct à la kinésithérapie (loi du 19 mai 2023) existe dans des cadres précis (établissements de santé, structures sociales et médico-sociales, maisons de santé, centres de santé, équipes de soins primaires ou spécialisées) et, à titre d’expérimentation, en CPTS dans 20 départements, dont Paris ne fait pas partie. Hors de ces cadres, une ordonnance reste nécessaire, à domicile comme au cabinet.
« Combien de séances de kiné vais-je devoir faire ? » est l’une des premières questions que se posent les patients — souvent dans l’idée qu’il existerait un « nombre normal » fixé quelque part. La réalité est différente, et il est plus honnête de le dire : la rééducation est individualisée, et la durée dépend de la pathologie, de l’état de départ et de la réponse au traitement. Ce que l’Assurance Maladie encadre, ce n’est pas un nombre « recommandé », mais un seuil de séances prises en charge sans demande d’accord préalable. Cet article explique ce que recouvrent ces seuils, comment la kinésithérapie est remboursée, ce qui reste à votre charge à domicile, et où en est l’accès direct sans ordonnance — sur la base des informations publiées par l’Assurance Maladie (Ameli) et des référentiels de la Haute Autorité de Santé (HAS).
La HAS fixe-t-elle un nombre de séances de kiné ?
Non. La HAS ne fixe pas de « nombre de séances recommandé » : la rééducation est individualisée. Ce qui existe, ce sont des référentiels d’actes en série définissant, pour certaines situations, un seuil de séances prises en charge sans demande d’accord préalable. Au-delà, le traitement peut continuer, mais l’Assurance Maladie doit donner son accord.
Il faut donc distinguer deux notions souvent confondues. D’un côté, le nombre de séances réellement nécessaires : il dépend de votre situation clinique et il est ajusté par le kinésithérapeute au fil de la rééducation, en lien avec le médecin prescripteur. De l’autre, un seuil administratif : en dessous de ce seuil, les séances sont prises en charge sans formalité particulière ; au-delà, une demande d’accord préalable (DAP) doit être adressée au service médical de l’Assurance Maladie pour que la prise en charge se poursuive. Ce seuil n’est donc ni un objectif à atteindre, ni un plafond de soins : c’est un repère de gestion.
Qu’est-ce que la demande d’accord préalable (DAP) ? C’est la procédure par laquelle, au-delà d’un certain nombre de séances, le kinésithérapeute sollicite l’accord du service médical de l’Assurance Maladie pour que la rééducation continue d’être remboursée. Elle vise à objectiver la poursuite des soins, pas à les interdire : la rééducation reste possible et adaptée à chaque patient.
Quels sont les seuils d’accord préalable par pathologie ?
Le seuil varie selon la pathologie et l’intervention. Le tableau ci-dessous indique, pour des situations fréquentes, le nombre de séances prises en charge sans accord préalable ; au-delà, une DAP est nécessaire. Ces seuils sont issus des référentiels de la HAS (actes en série) et de la liste publiée par l’Assurance Maladie. Ils décrivent une règle de prise en charge — ils ne préjugent pas du nombre de séances dont vous aurez besoin.
| Pathologie / intervention | Prise en charge sans accord préalable | Source |
|---|---|---|
| Entorse externe récente de cheville | Jusqu’à 10 séances (DAP dès la 11ᵉ) | Ameli / HAS |
| Traumatisme récent du rachis cervical (« coup du lapin ») | Jusqu’à 10 séances (DAP dès la 11ᵉ) | Ameli / HAS |
| Prothèse totale de hanche (PTH) | Jusqu’à 15 séances (DAP dès la 16ᵉ) | Ameli / HAS |
| Lombalgie commune | Jusqu’à 15 séances (DAP dès la 16ᵉ) | Ameli / HAS |
| Méniscectomie isolée | Jusqu’à 15 séances (DAP dès la 16ᵉ) | Ameli / HAS |
| Prothèse de genou (totale ou unicompartimentale) | Jusqu’à 25 séances (DAP dès la 26ᵉ) | Ameli / HAS |
| Tendinopathie de la coiffe des rotateurs non opérée | Jusqu’à 25 séances (DAP dès la 26ᵉ) | Ameli / HAS |
| Reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA) | Jusqu’à 40 séances (DAP dès la 41ᵉ) | Ameli / HAS |
| Suture de la coiffe des rotateurs | Jusqu’à 50 séances (DAP dès la 51ᵉ) | Ameli / HAS |
| Libération du canal carpien | Accord préalable dès la 1ʳᵉ séance | Ameli / HAS |
| Rééducation après un AVC | Pas de seuil (rééducation individualisée) | Ameli |
| Rééducation périnéale post-partum | Pas de seuil de DAP (prise en charge à 100 %) | Ameli |
Pour le détail d’un parcours concret après une intervention, voir notre article dédié : combien de séances de kiné après une prothèse de hanche. Il illustre bien le principe : le seuil administratif (ici 15 séances avant accord préalable, la demande intervenant dès la 16ᵉ) n’est pas le nombre « cible », qui dépend de la voie opératoire, de l’âge et de la récupération de chacun.
Vous êtes concerné par cette situation ? Je peux vous orienter : 06 13 36 35 92 (message vocal) ou par SMS, sinon william.legendre@phoeniks.fr. Ni le SMS ni la messagerie vocale ne sont sécurisés : vos coordonnées suffisent, n’y indiquez rien de médical. Visites à domicile dans Paris intra-muros, sur prescription médicale. Information éducative, qui ne remplace ni un diagnostic ni une consultation.
Comment la kinésithérapie est-elle remboursée ?
L’Assurance Maladie rembourse les séances de kinésithérapie à hauteur de 60 % de la base de remboursement (régime général), et à 100 % pour les personnes en affection longue durée (ALD) au titre de cette affection. Le complément — le « ticket modérateur », soit 40 % hors ALD — est généralement pris en charge par votre complémentaire santé (mutuelle), selon votre contrat.
Deux points pratiques à connaître :
- Une prescription médicale est requise pour le remboursement des séances (sauf dans le cadre de l’accès direct, voir plus bas).
- Une franchise médicale de 1 € par acte reste à votre charge : elle n’est pas remboursable par la mutuelle. Elle est plafonnée (au global) et s’applique même en ALD.
Cas particulier : la rééducation périnéale et abdominale après l’accouchement est prise en charge à 100 %, dans la limite des tarifs de base. Le nombre de séances est fixé selon la situation : renseignez-vous auprès de votre médecin, de votre sage-femme ou de votre caisse d’Assurance Maladie.
RÉFÉRENCE AMELI
« Les actes de masso-kinésithérapie sont remboursés à 60 % sur la base du tarif conventionnel. La prise en charge est de 100 % pour les assurés en affection de longue durée, dans le cadre de leur ALD. »
Assurance Maladie (ameli.fr) — Remboursement des soins de masso-kinésithérapie
Combien coûte une séance à domicile ?
Le tarif d’une séance à domicile combine l’acte de rééducation et un forfait de déplacement. L’acte est coté selon la nomenclature — la lettre-clé vaut 2,21 € en 2026, multipliée par le coefficient de l’acte. S’y ajoute une indemnité forfaitaire de déplacement de 2,50 €, ou une indemnité spécifique de 4,00 € (IFS) pour certains actes du titre XIV de la nomenclature, dont la rééducation des conséquences d’affections neurologiques et musculaires. Les deux ne se cumulent pas. Des indemnités kilométriques existent dans la nomenclature au-delà d’un abattement de distance (0,38 €/km en plaine), mais elles ne s’appliquent pas aux visites effectuées dans Paris intra-muros.
Sur ce total, l’Assurance Maladie rembourse 60 %. En affection de longue durée, elle prend en charge 100 % de la base pour les soins liés à l’affection exonérante : le ticket modérateur disparaît, et votre mutuelle n’a donc plus rien à compléter sur cette base — elle ne sert alors qu’en cas de dépassement. La franchise de 1 € par acte reste due dans tous les cas, sauf pour les bénéficiaires de la C2S, et aucune complémentaire ne la rembourse.
Le détail acte par acte et les montants réellement pratiqués figurent sur la page coût et remboursement d’un kiné à domicile. Pour le mécanisme du remboursement lui-même — ticket modérateur, franchise, tiers payant, ALD — voir comprendre le remboursement de la kinésithérapie.
Ai-je besoin d’une ordonnance ? L’accès direct, où en est-on ?
Pour des soins à domicile à Paris par un kinésithérapeute libéral qui n’exerce pas dans le cadre d’une structure d’exercice coordonné, oui : une prescription médicale est nécessaire. L’accès direct — consulter un kinésithérapeute sans passer d’abord par un médecin — a été ouvert par la loi du 19 mai 2023 (loi Rist) dans des cadres précis : établissements de santé, structures sociales et médico-sociales, maisons de santé, centres de santé, équipes de soins primaires ou spécialisées. Une expérimentation l’étend aux CPTS de certains départements. Il ne s’applique donc pas à un kinésithérapeute libéral qui n’exerce pas dans le cadre d’une de ces structures.
L’expérimentation CPTS, précisée par un décret de juin 2024 et lancée par un arrêté du 6 juin 2025 (Journal officiel du 8 juin 2025), est encadrée :
- Elle est limitée à un nombre restreint de départements participants (l’expérimentation est prévue pour cinq ans).
- Elle concerne les kinésithérapeutes exerçant au sein d’une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) de ces départements.
- Sans diagnostic médical préalable, le nombre de séances réalisables en accès direct est limité à 8 par patient ; au-delà, ou en présence de signes d’alerte, le patient est orienté vers un médecin.
- Paris ne fait pas partie des départements de l’expérimentation.
Autrement dit : l’accès direct reste cadré (structures citées ou CPTS expérimentatrices, 8 séances maximum sans diagnostic médical préalable, orientation vers le médecin si besoin). Un kinésithérapeute libéral qui n’exerce pas dans le cadre d’une de ces structures n’est pas concerné : le parcours habituel s’applique, consultez d’abord un médecin, qui établira une prescription si la kinésithérapie est indiquée. Pour le détail du cadre : la kinésithérapie en accès direct sans ordonnance.
Questions fréquentes
Qui décide du nombre de séances de kiné ?
Le nombre de séances réellement nécessaires n’est pas fixé d’avance : il est individualisé. Le kinésithérapeute l’ajuste au fil de la rééducation, en lien avec le médecin prescripteur, selon votre situation clinique et votre récupération. Le seuil d’accord préalable est une règle de gestion de l’Assurance Maladie, pas le nombre de séances dont vous aurez besoin.
Le seuil d’accord préalable est-il un maximum de séances ?
Non. Ce seuil n’est ni un objectif à atteindre, ni un plafond de soins : c’est un repère administratif. En dessous, les séances sont prises en charge sans formalité particulière ; au-delà, une demande d’accord préalable (DAP) permet à la rééducation de se poursuivre. La rééducation reste possible et adaptée à chaque patient.
Que se passe-t-il si l’on dépasse ce seuil ?
Le traitement peut continuer. Au-delà du seuil, le kinésithérapeute adresse une demande d’accord préalable au service médical de l’Assurance Maladie pour que la prise en charge se poursuive. Cette procédure vise à objectiver la poursuite des soins, pas à les interdire.
Faut-il une ordonnance pour une kiné à domicile à Paris ?
Oui, pour des soins à domicile par un kinésithérapeute libéral qui n’exerce pas dans une structure d’exercice coordonné : une prescription médicale est nécessaire. L’accès direct (consulter un kinésithérapeute sans passer d’abord par un médecin) existe dans des cadres précis (établissements de santé, structures sociales et médico-sociales, maisons de santé, centres de santé, équipes de soins primaires ou spécialisées), et une expérimentation l’étend aux CPTS de 20 départements, dont Paris ne fait pas partie. Un kinésithérapeute libéral qui n’exerce pas dans le cadre d’une de ces structures n’est pas concerné : le parcours habituel s’applique, consultez d’abord un médecin, qui établira une prescription si la kinésithérapie est indiquée.
La rééducation périnéale après l’accouchement nécessite-t-elle un accord préalable ?
Non. La rééducation périnéale et abdominale après l’accouchement n’est pas soumise à un seuil d’accord préalable : elle bénéficie d’une prise en charge intégrale dans la limite des tarifs de base. Le nombre de séances est fixé selon votre situation ; renseignez-vous auprès de votre médecin, de votre sage-femme ou de votre caisse d’Assurance Maladie.
La kiné à domicile est-elle remboursée comme au cabinet ?
La part prise en charge par l’Assurance Maladie suit les mêmes règles (prise en charge sur prescription, intégrale en affection longue durée au titre de cette affection). À domicile, le tarif ajoute toutefois une indemnité de déplacement, et le cas échéant des indemnités kilométriques. Le complément est généralement couvert par votre complémentaire santé selon votre contrat ; pour une estimation, vérifiez votre niveau de remboursement auprès de votre mutuelle.
Pour aller plus loin
- Comprendre le remboursement de la kinésithérapie — Sécu, ticket modérateur, franchise, ce que « ALD à 100 % » veut dire et les dépassements.
- Le coût d’une kinésithérapie à domicile à Paris — tarifs conventionnels, déplacement et remboursement.
- Kinésithérapie en accès direct sans ordonnance — cadre légal, conditions et limites.
- Combien de séances de kiné après une prothèse de hanche ? — un exemple concret de parcours.
- Glossaire kinésithérapie et rééducation
- Tous les articles éducatifs
Information éducative fondée sur les informations publiées par l’Assurance Maladie (Ameli) et les référentiels de la Haute Autorité de Santé. Les tarifs, seuils et modalités de prise en charge peuvent évoluer : vérifiez votre situation auprès de votre caisse d’Assurance Maladie et de votre complémentaire. Ce contenu ne se substitue pas à un diagnostic ni à une consultation médicale.
Sources
- Assurance Maladie (ameli.fr). Accord préalable : actes de masso-kinésithérapie (nombre de séances prises en charge sans accord préalable). Mis à jour le 29 décembre 2020. www.ameli.fr (consulté le 15 juin 2026).
- Haute Autorité de Santé (HAS). Avis sur les référentiels relatifs à des actes de masso-kinésithérapie réalisés en série. www.has-sante.fr (consulté le 15 juin 2026).
- Assurance Maladie (ameli.fr). Tarifs conventionnels des masseurs-kinésithérapeutes (lettre-clé AMK = 2,21 €). Mis à jour le 1ᵉʳ juillet 2025. www.ameli.fr (consulté le 15 juin 2026).
- Assurance Maladie (ameli.fr). Prise en charge à domicile : indemnités et forfaits (IFD = 2,50 €, IFS = 4 €, indemnités kilométriques). www.ameli.fr (consulté le 15 juin 2026).
- Assurance Maladie (ameli.fr). Affections de longue durée (ALD) exonérantes : prise en charge à 100 %. www.ameli.fr (consulté le 15 juin 2026).
- Assurance Maladie (ameli.fr). La franchise médicale (1 € par acte paramédical, plafonnée à 70 € par an depuis le 1er octobre 2026 et à 4 € par jour). www.ameli.fr (consulté en octobre 2026). Décret n° 2026-858 du 11 septembre 2026 (Journal officiel du 12 septembre 2026), article D. 160-10 du code de la sécurité sociale.
- Loi n° 2023-379 du 19 mai 2023 (loi Rist) ; décret n° 2024-618 du 27 juin 2024 relatif à l’expérimentation de l’exercice de la masso-kinésithérapie sans prescription médicale au sein d’une CPTS ; arrêté du 6 juin 2025 fixant les 20 départements participants (publié au Journal officiel le 8 juin 2025 ; Paris n’y figure pas). Légifrance — arrêté du 6 juin 2025 (consulté le 15 juin 2026).